Centre de l'Imaginaire Arthurien

Le Blog officiel du Centre de l'Imaginaire Arthurien


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Des livres, juste à temps pour les premiers frimas…

De façon un peu rapide, mais j’y reviendrai, voici quelques parutions, récentes ou imminentes. Elles arrivent bien à point pour justifier que nous restions lire au chaud…

Enfin l’Elféméride vint…
L’Elféméride, Le grand légendaire des saisons, Automne-Hiver

« C’est ce que je veux raconter : le conte du coquelicot, l’histoire du passereau, celle des rouges-gorges, des hirondelles – tout un fantastique du quotidien qu’on ne regarde plus, qu’on oublie, alors qu’il est là, tout autour de nous. Je trouve épouvantable que les journalistes te disent : « Voilà ce qu’il faut retenir de l’actualité aujourd’hui ! » On devrait te dire au moins deux mots des légendes dans la journée. J’ai donc envie de le faire, au jour le jour, dans un almanach. » Ainsi parlait Pierre Dubois en 2008, dans une interview parue sur le site de Elbakin. Le livre qu’il évoquait alors sera dans les librairies le 21 octobre.
Pour cet Elféméride, le couple mythique Dubois-Hausman s’est reformé sous la houlette de Lionel Hoëbeke, l’éditeur historique des Grandes Encyclopédies par lesquelles toute la féerie a (re)commencé il y a vingt ans. Bonne nouvelle supplémentaire, un deuxième volume est prévu dans un certain temps ! Les enchantements détestent la précipitation.
Pierre Dubois et René Hausman, l’Elféméride, Le grand légendaire des saisons, Automne-Hiver.
24 x 31, 192 p., parution le 23/10/2013, 32€.

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L’heureux mariage de Jules Verne et de Turner
Steampunk, de vapeur et d’acier

L’album Steampunk, de vapeur et d’acier, de Didier Graffet et Wavier Mauméjean, vient de paraître au Pré-aux-Clercs. Le titre renvoie à Rain, Steam and Speed – The Great Western Railway de Turner, et la présence des monstres d’acier perçant la nuit renforce cette évocation. L’écrivain et le peintre, Verne et Turner, voilà sans doute la clé de cette union peut-être improbable… Quoi qu’il en soit, on trouvera « Paris, Londres, Chicago, Pékin, Berlin, Rome, New-York comme on ne les a jamais vus. L’océan, la terre, les airs et les déserts comme dans nos rêves les plus puissants et les plus fous… ». Les tableaux de Didier Graffet sont d’une splendeur sombre, force titanesque et décors hallucinants. Chacune de ses œuvres s’accompagne d’un texte de Mauméjean, et Philippe Druillet a signé la préface.
Steampunk, de vapeur et d’acier, Le Pré aux clercs, 120 pages, 29 €

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Complainte pour un mal-aimé
Mordred

Mordred, celui dont on ne veut pas parler ? Le bouc émissaire de la légende, que les auteurs n’ont pris peine de cerner que pour mieux l’accabler, condamné par sa conception même… En voyant Justine Niogret, dont Chien du Heaume nous avait simplement coupé le souffle – une impression que nous n’avons pas reniée en lisant Mordre le bouclier – nous savions que ses pages allaient s’ouvrir sur un autre Mordred. Voici ce qu’en écrit le très intéressant Blog-o-livre : « C’est cette proximité et cette découverte d’un héros souvent mal-aimé, haï et détesté par rapport à son destin qui happe le lecteur … Une histoire au rythme lent, une histoire avec peu d’action, mais qui offre un récit profond, initiatique et personnel. L’auteur n’oublie pas pour autant l’aspect magique et mystique, qui, certes, reste en retrait (il n’est pas l’objet principal) mais ajoute une touche de mystère au roman. Surtout, l’un des points fort du récit vient de l’atmosphère que met en avant l’auteur, une atmosphère sombre, emplie de mélancolie et de tristesse, le tout lié à un personnage qui n’est peut-être qu’une marionnette du destin. Une ambiance qui colle parfaitement à la fin d’un mythe, la tristesse d’une mort inéluctable et nécessaire. » Il faudrait aussi évoquer le style et l’art des mots de Justine, sa maîtrise de l’univers médiéval sans avoir recours aux clichés et poncifs si faciles…
Justine Niogret, Mordred- Mnémos- août 2013 / Grand format 168 pages / 17 €

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Une indéfectible fidélité aux terres celtes
Sur la route des plus belles légendes celtes

C’est ce que dit Sur la route des plus belles légendes celtes,le superbe livre qu’a voulu Alan Stivell, et pour lequel il s’est entouré de Thierry Jolif et d’Yvon Boëlle. Fidélité aux terres de l’Ouest, fidélité à une langue, fidélité surtout à une inspiration présente depuis des décennies, au temps où le jeune Alan pas encore Stivell rencontrait la harpe que son père créa pour lui. Nourrie des mythes et des légendes, sa musique s’est baignée dans les eaux qui recouvrirent Ys, dans le galop du cheval gris attelé au char de CuChulainn, dans la mémoire de la douce Azénor, parmi bien d’autres… Ces mêmes images archétypales nourrissent l’inspiration d’Yvon depuis très longtemps, des récits fondateurs dont parle Thierry Jolif avec sagacité et passion.
Sur la route des plus belles légendes celtes a été présenté en avant-première au Centre Arthurien, à Comper-en-Brocéliande, le samedi 12 octobre; les photos qui suivent ont été prises à cette (grande) occasion.
Alan Stivell, Thierry Joli, Yvon Boëlle, Sur la route des plus belles légendes celtes, 16 octobre 2013,grand format relié sous jaquette, 192 p., 35 €.
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Le renouveau est en marche
Bestiaire fantastique et créatures féeriques de France

De jeunes auteurs passionnés, sous l’égide évidente de Pierre Dubois à qui ils rendent humblement hommage, endossent à leur tour le costume de l’encyclopédiste. Richard Ely, notre ami belge amoureux de toutes les féeries, avait déjà publié ce printemps, Le Grand Livre des Esprits de la nature, chez Véga, richement illustré de manière très Art déco par Frédérique Devos. Avec Amélie Tsaag Valren – nous saluons ici son premier livre – il vient de faire paraître chez Terre de Brume, Bestiaire fantastique et créatures féeriques de France, dont le titre se passe d’explication. Richard l’affirme, voici « plus de 600 créatures féeriques des régions de France. Un ouvrage qui vous permettra de repérer les lutins et garous de votre département et région et qui, chose pas si commune que cela, traite exclusivement d’êtres français. » Un seul (petit) point reste à préciser : les créatures fantastiques sont-elles encartables dans le découpage des départements, œuvre d’une Révolution qui prétendait chasser les viles croyances et dans laquelle les elficologues auraient dû s’asseoir sur le Siège périlleux.
Bestiaire fantastique et créatures féeriques de France. Terre de Brume (Bibliothèque du merveilleux), 11 octobre 2013), broché, 320 pages.21 €

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A bientôt pour d’autres nouveautés, d’autres commentaires, et les programmes des jours à venir.

Claudine Glot

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Bel automne, belles images

Pour fêter notre retour sur le blog, voici deux propositions d’expositions, toutes deux parisiennes (dommage pour beaucoup d’entre nous) qui devraient vous parler à bien des titres.
D’abord, et jusqu’au 20 janvier 2014, Désirs et volupté à l’époque victorienne, au Musée Jacquemart-André. Cinquante-cinq œuvres parmi les 3000 rassemblées par Juan Antonio Perez Simon, riche collectionneur mexicain, donnent à voir la beauté féminine chez les Préraphaélites et ceux qui les suivirent, élèves ou épigones. À côté de Rossetti, Burne-Jones, de Fréderic Leighton et d’Edmund Blair-Leighton, d’Arthur Hugues, de Millais ou de Moore, certains découvriront Strudwick, Poynter, Payne, Solomon, Emma Sandys, etc. : des noms qu’on connaît moins, parfois uniquement grâce à des couvertures de romans historiques ou de séries de fantasy…

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Beaucoup d’Alma-Tadema, dont le tableau-amiral de l’exposition, Les roses d’Héliogabale. Virtuosité totale. Mais les yeux d’une simple aquarelle de Burne Jones recèlent bien plus de mystère. Tableaux, études, toiles connues ou plus secrètes se révèlent au fil des antichambres et des salons. Car, et c’est là le charme de cet hôtel si particulier, on n’est pas soumis au minimalisme épuré des expositions contemporaines ; le damas rouge de murs, les dorures, le mobilier, les escaliers et galeries, les bustes et plantes vertes rendent aux œuvres le décor du temps dans et pour lequel elles ont été conçues. Et on les visite presque familièrement, dans une heureuse proximité.

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Le catalogue, ou plutôt le livre qui accompagne l’exposition – attention, les œuvres qui y sont reproduite ne figurent pas toutes à l’accrochage – est très réussi, avec une photogravure et impression magnifiques. Les articles sont précis et efficaces, mais certains sujets, dont le domaine arthurien, très présent, auraient pu être explorés de manière un peu plus fouillée. Par exemple, la Couronne d’amour, magnifique tableau de Millais est noté comme inspiré d’un poème de George Meredith. Certes, mais il aurait été plaisant de rappeler que le poète a repris là le thème du lai Les deux amants, de Marie de France.
Clin d’œil : Crenaia, la nymphe de la rivière Dargle, de Fréderic, Lord Leighton, figure une jeune fille fondante, comme un Bouguereau, qui se profile, diaphane et rosée, sur des rochers sombres où ruisselle une cascade. Celle-ci n’est autre que la très haute chute d’eau du domaine de Powerscourt, dans le Wicklow, en Irlande ; là même où John Boorman, dans Excalibur, fait s’affronter pour la première fois Arthur et Lancelot.

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Encore un clin d’œil : l’exposition a été organisée par Culturespaces, la société chargée, voici plus de vingt ans, du premier projet de mise en valeur de Brocéliande.
Pour avoir une idée plus précise de la visite et des différentes sections de l’exposition, vous pouvez aller sur http://desirs-volupte.com/fr/lexposition-1/le-parcours

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Ci-dessus
John William Waterhouse, La boule de cristal.
John Everett Millais, La couronne d’amour.
Frederick, Lord Leighton, Crenaia,nymphe de la rivière Dargle.
John Melhuish Strudwick, Elaine.

Et aussi
Merveilleux ! C’est sous ce titre que débute demain 3 octobre chez Arludik une exposition collective sur le thème des Contes et Légendes: elle réunit 70 artistes venus de l’illustration, de la BD, de l’animation, du jeu vidéo. Vous reconnaîtrez sûrement bien des noms dans la liste ci-dessous.
Un ouvrage du même titre, Merveilleux !, sera publié par les éditions CFSL INK. Une partie des bénéfices sera reversée à l’association des Orphelins des Pompiers : un plaisir doublé d’une bonne action alors que Noël se profile déjà, avec son habituelle course au cadeau idéal…
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Ci-dessus, affiche de l’exposition Merveilleux ! et Perséphone par Elian Black’Mor

Liste des artistes présentés
Avec :
– Adolie Day | adolieday.blogspot.fr | Blanche-Neige
– Alexandre Day | alexandre-day.blogspot.fr | Merlin
– Alexandre Honoré | art-of-ahonore.blogspot.fr | La Légende du cavalier sans tête, Raiponce
– Alina Chau | http://www.alinachau.com | L’Odyssée, La Petite Poucette
– Anne Montel | http://www.ahurie.net | Jack et le Haricot magique
– Annette Marnat | annettemarnat.blogspot.fr | Ali Baba et les Quarante Voleurs
– Antoine Kruk | http://www.antoinekruk.com | La Belle et la Bête
– Aurélie Neyret | ecartez-vous-jarrive.blogspot.fr | Boucles d’or et les Trois Ours
– Aurelien Predal | aurelien-predal.blogspot.fr | Le Yéti – Black Frog | lagrenouillenoire.tumblr.com | La Babayaga
– Bobby Chiu | http://www.imaginismstudios.com | Le vilain petit canard
– Brun Croes | http://www.bruncroes.com | Aladin – Cain Pickens | Jack et le Haricot magique
– Calyn Pickens | Un chant de Noël
– Camille André | cephalon-art.blogspot.fr | La Belle et la Bête, La Reine des neiges
– Carine-M | http://www.carine-m.com | Hansel et Gretel
– Charles Champeau | tchazz.blogspot.fr | La Babayaga, Le Minotaure
– Clément Lefevre | nenent.blogspot.fr | Barbe-bleue
– Coralie Vallageas | http://www.coralievallageas.com | Les Musiciens de Brême-
– Cyril Roquelaine | http://www.roquelaine.com | Le Minotaure
– Dominique Bertail | dbertail.blogspot.fr | L’île au Trésor
– Elian Black’Mor | http://www.elian-black-mor.com | Perséphone
– Eric Gosselet | mister-egg.blogspot.fr | Pierre et le Loup
– François Amoretti | francoisamoretti.blogspot.fr | La Belle au bois dormant
– Gerald Guerlais | http://www.geraldguerlais.com | Jack et le Haricot magique
– Guillaume Ivernel | http://www.ivernel.fr | Golem
– Guillaume Ospital | http://www.cakeordeath.fr | Le Minotaure
– Ingrid Liman | http://www.ingridliman.fr | La Reine des neiges
– Ivan Gomez | Le vaillant petit tailleur, Tarzan
– Jeremie Almanza | fak.ultra-book.com | Le Livre de la Jungle
– Jerrod Maruyama | http://www.jmaruyama.com | Hansel et Gretel
– Jorden Oliwa | johnnygonzo.blogspot.fr | Le Yéti
– Julia Bax | juliabax.blogspot.fr | Le Changelin
– Kei Acedera | http://www.imaginismstudios.com | Pinocchio
– Keramidas | nicokeramidas.blogspot.fr | Les Trois Petits Cochons
– Kness | http://www.kness.net | La Petite Sirène
– Laetitia Lamblin | http://www.luluinthesky.fr | Le Petit Chaperon rouge, Raiponce
– Lionel Bui | http://www.lionelbui.com | Perséphone
– Lionel Richerand | richerand-yoyo.blogspot.fr | Hansel et Gretel, Le vilain petit canard
– Louis Thomas | louist.blogspot.fr | L’Odyssée
– Ludovic Chesnot | luche.over-blog.com | Peter Pan, Pinocchio
– Ludovic Jacqz | http://www.ludovicjacqz.com | Blanche-Neige
– Made | http://www.m4de.com | Urashima Taro
– Marek Jankowski | marekage.blogspot.fr | Jean de Fer, Jorinde et Joringel
– Marguerite Sauvage | http://www.margueritesauvage.com | La Princesse et la Grenouille
– Mary-Loup | mary-loup.over-blog.com | Le Petit Chaperon rouge
– Matthieu Forichon | http://www.forichon.com | La Belle au bois dormant
– Moon | http://www.möön.fr | Histoire de celui qui s’en alla apprendre la peur
– Nicolas Delort | blog.nicolasdelort.com | L’Odyssée
– Pascal Garcin | mr.garcin.free.fr | Le Petit Chaperon rouge
– Pascal Valdes | pascalvaldes.free.fr | La Belle et la Bête
– Paul Echegoyen | paulechegoyen.blogspot.fr | Hansel et Gretel
– Peter Chan | http://www.peterchanart.com | Sadako et les mille grues
– Rachel Bergeret | http://www.rachelbergeret.com | Blanche-Neige, Raiponce
– Ren Marietta | http://www.patateofeu.com | Le Minotaure, Le Petit Chaperon rouge
– Reuno | http://www.reuno.net | Robin des Bois
– Robert Valley | http://www.robertvalley.com | Golem
– Roberto Ricci | robertoricci76.blogspot.fr | Le Minotaure, Le Petit Chaperon rouge
– Sanoe | sanoe.deviantart.com | Boucles d’or et les Trois Ours, Peau d’âne
– Stéphane Levallois | http://www.stephanelevallois.com | Blanche-Neige
– Thierry Cattant | http://www.thierry-cattant.com | Boucles d’or et les Trois Ours, Golem
– Tony Sandoval | losmonstruosdetony.blogspot.fr | La Petite souris
– Valérie Hadida | http://www.valeriehadida-design.com | Peau d’âne
– Véronique Joffre | verossignol.blogspot.fr | Le Yéti –
– Vincent Joubert | http://www.vincentjoubert.com | Ali Baba et les Quarante Voleurs –
– Wouter Tulp | woutertulp.blogspot.fr | Le Joueur de flûte de Hamelin

Arludik


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William Morris, écrivain

Écrivain, poète, peintre, conférencier, dessinateur, William Morris (1834-1896)  fut aussi imprimeur, architecte. On connaît bien ses œuvres picturales, un peu ses traductions des sagas norroises. On a oublié quel fervent militant socialiste il fut, co-fondateur de la Socialist League en 1884. Sa démarche, en fondant le mouvement Arts and Crafts, relevait pourtant du même idéal de société. On connaît un peu les peines de  sa vie sentimentale. Il a fidèlement suivi la fraternité des Préraphaélites, et fut le mécène silencieux de plusieurs de ses artistes. Lorsqu’il mourut, en 1896, Burne-Jones déclara que ses amis et lui avaient perdu leur roi Arthur. (ci-dessous : Burne-Jones et Morris)

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Yeats lui rendit hommage à maintes reprises :

William Morris était un prophète au sens littéral du terme – le seul sens noble que ce mot puisse d’ailleurs revêtir. Sa vision d’une vie parfaite que le monde s’efforcerait d’engendrer sans cesse (comme l’enseignait Jacob Boehme) inspirait en effet chacune des activités de son industrieuse vie : sa redécouverte de la tapisserie médiévale et de l’art du vitrail, ses archaïques caractères d’imprimerie, ses rêves de Sigurd, Gudrun et Guenièvre, ses essais consacrés à l’absence de beauté de nos vies et de notre art, ses prédications proclamées dans les parcs et aux coins des rues, son éloge des révolutions, ses marches à la tête des foules et sa féroce colère à l’égard de toutes ces choses que l’on se plaît à honorer.

Ou encore : La beauté, qui, pour d’autres, était une vision solitaire, un mystérieux don de Dieu, fut toujours pour lui une sorte de toison d’or, une île heureuse, ou quelque puits au bout du monde que l’on n’atteint qu’après moult périls et épreuves terrestres, et dont la découverte (dans tous ses derniers livres en tout cas) profite au monde lui-même. De tous les rêveurs de notre époque, William Morris était quasiment le seul à accepter la vie et à la trouver belle. C’est précisément pour cette raison qu’il percevait, dans les trivialités et imperfections de celle-ci, le Paradis terrestre dont l’avènement est promis à la fin des temps.

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Mais qui se souvenait de son œuvre romanesque ?

Quêtes initiatiques, univers merveilleux, épreuves, sorcières, chevaliers, vengeances et amours… Des textes qui empruntent à la saga, au poème courtois, à l’aventure chevaleresque, mais tiennent aussi de la réflexion philosophique et politique. Dans sa littérature comme dans sa vie, William Morris aborde, mêle, fusionne tous les genres. Il situe ses intrigues dans un monde imaginaire, pas dans un monde rêvé ni dans un monde de féerie (même si les fées y sont présentes), ni dans un monde d’anticipation. Son monde imaginaire, à la source de la fantasy anglaise, eut une grande influence sur ses successeurs, Lord Dunsany, CS Lewis ou JRR Tolkien. Morris publia ses romans en auto-édition à son imprimerie,  Kelmscott Press. Non content de les écrire, il s’était attaché à la mise en page, à la composition, à créer des éléments décoratifs et jusqu’à des caractères typographiques. Car telle était sa conception de la noblesse de l’artisanat.

On ne peut que remercier les éditions Aux Forges de Vulcain (http://www.auxforgesdevulcain.fr) d’avoir édité la traduction de quatre romans de Morris. Et mieux encore, se réjouir que cette initiative vienne d’être récompensée par le prix spécial du jury du festival Les Imaginales

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 Le lac aux îles enchantées – Une jeune femme d’une grande beauté, prisonnière d’une sorcière, un bateau magique qui se nourrit de son sang, un lac parsemée d’îles enchantées ou maléfiques, une fée protectrice – et ce n’est pas tout – se croisent dans ce roman d’apprentissage et d’épanouissement féminin.

Le Pays Creux : « « Savez-vous où il se trouve – le Pays Creux ? Depuis longtemps, maintenant, j’en suis à la recherche, j’essaie de le retrouver – le Pays Creux – car c’est là que j’ai vu mon amour pour la première fois. » Au Pays Creux, passage entre la terre et l’au-delà, se déroule la quête du jeune chevalier Florian.

Le puits au bout de monde, Tome I, La route vers l’amour – Le plus jeune fils d’un roi décide de partir en quête d’aventures et de vivre la vie d’un chevalier errant. Lorsqu’il apprend l’existence d’un puits magique à l’eau miraculeuse, il se met en devoir de le découvrir.

Un rêve de John Ball – Rêverie fantastique, nouvelle, traité philosophique, manifeste politique : tel se lit ce voyage onirique d’un militant socialiste anglais transporté à la fin du 14e siècle auprès de John Ball, prédicateur anglais, meneur charismatique d’une révolte paysanne contre le servage (John Ball a réellement existé).


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A Preraphaelite Lady ? Two Preraphaelite Ladies…

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Les amoureux de la peinture préraphaélite et de la légende arthurienne ont tous, un jour ou l’autre,admiré des reproductions des tableaux ou des aquarelles d’Eleanor Fortescue-Brickdale. Une exposition temporaire de ses œuvres est visible jusqu’au 9 juin, la première exposition de grande ampleur qui lui soit consacrée depuis plus de 40 ans. Elle englobe les différents aspects de son œuvre : dessins, peinture, illustrations etc.

Un bonheur ne vient jamais seul : la manifestation a lieu à la galerie dédiée aux œuvres du grand peintre symboliste anglais George Frederick Watts.

Le seul (petit) problème, c’est que la Watts Gallery se trouve à Guilford, en Grande-Bretagne. Mais pour les Bretons, ce n’est pas si compliqué…. Le ferry jusqu’à Portsmouth, le train pour Guilford (ligne Portsmouth Londres), pas besoin de voiture, deux nuits à bord.

Attention à la boutique, on peut s’y ruiner…

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Il faut en profiter pour visiter la chapelle construite par Mary Watts, fusion d’art nouveau, d’art celtique, d’influences byzantines. Un chef-d’œuvre du mouvement Artsand Crafts.

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Watts Gallery Down Lane, Compton Guildford, Surrey GU3 1DQ, United Kingdom
T: 01483 810235 F: 01483 810285

E: info@wattsgallery.org.uk

http://www.wattsgallery.org.uk/

Les œuvres, de haut en bas : Lovers’ world. Merlin endormi, L’invité inattendu, et deux détails de la chapelle.


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Merlin et Viviane sont de retour…

© photo Louis HOUDUS

Après l’incendie du Val sans Retour, en 1991, Alain Gallet avait tourné pour France 3 Bretagne un documentaire intitulé « Brocéliande au-delà d’une brûlure ». On y retrouvait Jean Aubert, alors maire de Concoret, Pierre Dubois, Patrick  Ewen, Bernard Louédin, Philippe Le Guillou et bien d’autres amoureux de la forêt et de ses légendes. Le sujet s’ouvrait sur la vente aux enchères d’un tableau de Gustave Doré, L’astucieuse Viviane aux pieds de Merlin. La toile, qui demandait une importante restauration,  avait été vendue à un acquéreur anonyme, quelqu’un du marché de l’art, avait-on entendu dire. Depuis, plus de nouvelles…

L’année dernière, la toile était réapparue, exposée à la rétrospective que le Musée du Monastère royal de Brou, à Bourg-en-Bresse, avait consacrée à Doré.

L’œuvre,  L’astucieuse Viviane aux pieds de Merlin, la scène que Doré a rendue tellement célèbre, vient d’entrer à ce même musée. Elle a été acquise auprès de la galerie Whitford Fine Art à Londres avec l’aide de la Chambre des Notaires de l’Ain et du Fonds régional d’acquisition des musées, et le soutien de la Ville de Bourg-en-Bresse

Pour en savoir plus : http://www.latribunedelart.com/spip.php?page=docbig&id_document=16611

Et on ne peut que vous recommander de visiter l’ensemble que forment l’église, avec les tombeaux de Marguerite d’Autriche et de Philibert II de Savoie, et le musée, avec ses peintures flamandes et ses Gustave Doré.

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Un rappel utile

On vous l’avait signalée en janvier. Elle est depuis le 5 mars présentée au Musée d’Orsay (jusqu’au 9 juin)

L’ange du bizarre. Le romantisme noir de Füssli à Max Ernst

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Avec le sublime tableau de Schwabe pour affihche!

Une exposition consacrée au au romantisme noir, courant visible du XVIII au XXe siècle, mais qui aborde aussi le symbolisme et le surréalisme ; avec plus de 200 œuvres, elle retrace les divers thèmes parcourus par des artistes tels Delacroix, Goya au bien Klee, comme la barbarie, la guerre ou les superstitions…