Centre de l'Imaginaire Arthurien

Le Blog officiel du Centre de l'Imaginaire Arthurien

Partager nos légendes III

1 commentaire

Lundi, visite du Dartmoor et projection de Sir Lanval

Monday, visiting the Dartmoor and watching Sire Lanval

Le froid s’est encore accru. Plus de neige, mais le givre a tout enrobé, pas une branche, une herbe, une brindille ne lui a échappé. La route des moors s’annonçant trop incertaine, on décide de partir plus tard que prévu, par les crêtes. La tombe de la petite Jay, à l’abri de la forteresse de Haytor, n’aura pas notre visite. Nous n’entendrons pas Pierre Dubois évoquer le suicide de la jeune fille engrossée, le refus des bons pasteurs de l’enterrer en terre consacrée, et le mystère (le miracle) de la tombe toujours fleurie, par tous les temps, même sous la neige et la glace. Bouquets des âmes compatissantes, ou fleurs des pixies ?

The weather grows cold. Colder and colder. Ice and frost, a superb landscape. We will not cross the moors by the narrow lanes, but we’ll stay on the main road. We will not pay a visit to Jay’s Grave. And Pierre will not tell us the legend of the young girl, alone and pregnant, of her suicide and of the mystery of her grave always adorned with posies of fresh flowers, even in winter. Gift of the pixies ? So it is said


Mais ce parcours modifié laisse à chacun une heure et demie de pur délice : les courses, le shopping, le chauffage de carte de crédit… Et mieux encore, la visite d’un des plus fantastiques magasins que je connaisse, Bowden, THE ironmonger (Colette et autre concept-store, venez-y voir un peu, et même Harrod’s ne fait pas mieux, dans le genre : tout ce que vous voulez, on l’a, si on ne l’a pas on vous le trouvera). On y acquiert des sacs décorés de fées, le pistolet à fléchettes qui tue les mouches sans faillir, du cirage et des lacets de la couleur qu’on ne trouve pas ailleurs, un robot qui escalade les façades, des pochoirs à œufs, des chaufferettes en fourrure douce pour pieds perpétuellement gelés, des albums-photos, une canne au décor Liberty. On s’ébahit de la pièce entière consacrée aux bottes en caoutchouc, et l’autre dédiée aux bottes fourrées, on hésite devant les tweeds et les barbours, on ignore les cannes à pêche et les outils de jardinage. Et comble de bonheur, Chagford possède un second magasin de même genre, Webbers ! Certains visitent aussi le cimetière et l’église, avec un regard apitoyé pour la tombe de Mary Whiddon, tuée le jour de son mariage, et dont l’épitaphe se termine par ces mots doux amers : « Such damselles doe not die, but sleep. »

But this changing in our plans gives us the opportunity to go shopping, and there are a lot of overinteresting items to shop in the village (of course, we are very talented at shop crawling). And Chagford shelters a real treasure, two ironmongers’, Bowden and Webbers, worlwide known, where «  if they don’t have what you’re looking for, they’ll get it ». But we find fairy bags and specs, Liberty stick, and animatronic creature which climbs along the windows, waxes in rares colours, eggs-poachers and so and so…

Some  of us cross the graveyard and visit the church, staying a moment near the toumb of Mary Whiddon, shot dead on her wedding day, and reading his epitaph « Such damselles doe not die, but sleep. »



Pour toutes les légendes du Dartmoor, un site complet (en anglais seulement)

http://www.legendarydartmoor.co.uk/Leg_index.htm

Enfin c’est le départ, escortés par nos amis Elizabeth, Rob et Elaine, Tina et Richard, dans un éblouissement de scintillements glacés, de lumière dorée coupée de vagues de brouillard blanc où transparaissent des squelettes d’arbres. Sur la hauteur, le soleil s’impose, la gelée blanche est si épaisse qu’on croirait de la neige, les chevaux arrivent, les cercles de pierres attendent, bien visibles dans la végétation recroquevillée. À Postbridge, le clapper bridge glacé brille comme une lame – le pont de l’épée, peut-être ? Mais Cotehele nous  attend et l’on ne fait pas poireauter un manoir qui a  connu la Grande Elizabeth, pas plus que la soupe chaude qui doit nous y être servie. Alors on enchaîne, malgré les soupirs et les supplications des plus sensibles de nos artistes (particulièrement un certain Bruno B, semble-t-il).

And it is time to go to Cotehele, with our friends Elizabeth, Élaine and Rob, Tina and Richard. The road is really enchanting, a winter tale just for us, with mists and sun, ice, horses, circles of stone and the clapper bridge (Postbridge) like a blade of ice. No time for photos, we must be à 12 h 30 at Cotehele, the manor and the soupe are waiting us !

In Cothehele, we share our time between the gardens, the art and craft exhibition (gorgeous), and the wonderful garland of the great hall, among the armours, helmets and weapons of the Elizabethean period. At 3 pm, we leave, and are rewarded by one of the most fantastic scenery in the moors over Merrivale : mists and rolling clouds under our feets, in the valley, giving us and idea of the birth of a new world (or the sudden coming of a very ancient one). Just one more stop after, at Postbridge. The sun has already disappeared, but the light is pale and pink, and everybody’s laughing and giggling.

À Cotehele, tous nos oiseaux se dispersent entre les boutiques où l’artisanat est magnifiquement représenté à des prix (parfois) accessibles, les jardins givrés et leur lente descente vers la Tamar, et le grand Hall, décoré de sa traditionnelle guirlande de noël de fleurs et de végétaux séchés, que les jardiniers du domaine ont fait pousser, sécher, assemblés avant le l’installer pour toute la période des fêtes. Un contraste étonnant et, in fine, charmant entre les immortelles jaunes, les monnaies du pape ivoire, les astilbes roses, et les armures, boucliers, hallebardes et morions du XVIe siècle, locataires habituels de ces murs.

After the meal at Cothehele, some go straight in the gardens, some in the gorgeous art and crafts exhibition (and shop), with a lot of very affordable items. And all of us go and visit the hall, where the famous Christmas Garland, made of plants and flowers grown, dried and tied by the gardeners of the demesne is hanging at the beams of the ceiling ; pale pink, gold, ivory shades of the flowers form a striking contrast with the weapons and armours of the Elizabethean times.

A 15 heures, nous sommes déjà sur la route du retour, quand, en montant la colline au-dessus de Merrivale (là où s’étirent de longues allées de minuscules menhirs entrecoupée de cercles de menhirs à taille lutinesque), le paysage nous fige soudain, dans un éblouissement total. La lande verte et ocre, douce et rasée par les moutons, quelques tors à l’horizon, et au-dessous de nous une mer de nuées, commencement de monde d’où émergent, îlots en devenir, quelques rangées d’arbres, des pylônes qui deviennent d’arachnéens clochers. Les voitures s’arrêtent, on s’envole dans cette lumière, sous nos pieds la neige est bleue, totalement. Il faut un long moment et le recours à Pierre Dubois qui hulule (ou yoddle ?) pour que le petit convoi reparte ; L’arrêt à Postbridge se fera dans une lumière rose déjà crépusculaire, mais le moment est joyeux sur le pont (re-miracle, tout le monde reste sur ses pieds, pas de glissade impromptue). Il n’y aura plus d’arrêt, le jour s’enfuit déjà.

A 3 pm, we are on our way back to Chagford. The sun is already low on the horizon, but when we rech the hill above Merrivale, sudden, behind us, the valley are hidden by rolling clouds and mists, through which some trees, some lines of rocks are drawing the birth – or the end – of a world. The snow, in the hollows and the crevices of the rocks, is totally blue. We walk in a dream, and a burst of joy together. Photos, photos, but they will never be a real witness of the magic of the place and moment.

A short time after, we stop at Postbridge. The sun has gone, but the light is perfect, pale and pink. We walk on the bridge, laughing, giggling. Miracle, noboby falls down in the river !


Cream tea à Endecott House, une maison bâtie au XVIe siècle par une la corporations Sainte-Catherine, la seule de Chagford menée par des femmes, et où se réunissent aujourd’hui les associations. Tina, Richard, Deirdre et Brian ont veillé à tout, on récupère des calories qu’on n’a pas dépensées et vient l’heure de la projection de Sire Lanval. Peu des artistes présents l’ont déjà visionné, il en est de même  pour une partie des Chagfordians. Le silence se fait, se maintient, dans une assistance sous le charme. À la fin, on détecte quelques yeux humides, émus par le film ou par le sentiment que l’aventure touche à sa fin. Elizabeth est applaudie et encore applaudie, comme initiatrice du projet, metteur en scène talentueuse et musicienne inspirée.

In Endecott house, a XVIe century house once dedicated to saint Catherine, our friends have prepared a delicious cream tea, and we eat and drink just as after days of starvation ! And the great moment comes : the film ! Many, among us, have never watched it yet, and the silence is eloquent when the first notes sound, the first images appear. The eyes are a little too bright in the end, and we applause and applause Elizabeth-Jane Baldry, as the very talented director she is as well as the inspired composer of the music of the film.

Sam, dont c’est l’anniversaire (101 ans, tient-il à préciser, comme un certain Bilbo), a la bonne idée d’ouvrir les dernières bouteilles de pétillant, on met le rouge au chaud, l’émotion est toujours là, mais elle change de tonalité et de couleur aussi. Et les uns derrière les autres, on sort pour aller quérir le repas du soir, un fish and chips que monsieur Flippy Chippy nous prépare dans son camion. Le temps que Sam souffle ses bougies, et la troupe se divise, une partie à la Globe Inn pour écouter chanter les Wild Violets, une autre au Ring’o Bells où nous attend Alex Latham, régisseur du film Sire Lanval (et fils d’Elizabeth Jane).

After such a bunch of emotions, it is time to drink and toast ; Sam (it is his birthday, and he decides it is his 101th, as a certain Mr Bagggins) starts opening the bottles, crémant andt bordeaux (and some cranberries juice, for the faint hearted, not a lot). The van of Flippy Chippy arrives, with our fish and chips. Yum ! After, the group splits, a part to the Globe to hear music, some others to the Ring O’Bells to join Alex.

Belle, bonne, longue soirée ; et tout sauf sèche ! C’est le soir où les langues se délient, où l’on se fait des amis, on l’on cherche désespérément à retenir quelques bribes de ces moments qu’on voudrait éternels et que l’on chérit parce qu’ils ne le sont pas ! Mais ne croyez pas un instant  une humeur mélancolique, on fait tout ce qui faut pour lutter contre.

Wonderful evening ! Warm, friendly, full of music and jokes, and all but dry. It is the moment we meet new friends, our English become more fluent, and we try to capture the essential qualité of this time, knowing that it is already gone, and carefully packing our memories. And photos, photos, photos…

Mardi, la visite des ateliers des artistes de Chagford et le temps des adieux

La soirée de la veille n’entraîne qu’un léger retard et les artistes bretons, divisés en trois groupes, partent visiter les ateliers de leurs homologues de Chagford, Marja Lee Kruyt, et Hazel Brown, David Wyatt, Terri Windling Gayton et Howard Gayton, à qui se sont joint Daniele Barlow and Jim Fortey, Rima Staines, Virginia Lee, Suzy Yorke. Tous, invités et invitants, intimidés d’abord, puis ravis de la rencontre, de la générosité de l’accueil, de l’échange. Le thermomètre a beau afficher – 10, on trotte dans les rues, l’air cristallin, le paysage tout en frimas, les fruits et les fleurs habillés de glace, tout nous fait sourire. On se croise au seuil des ateliers, le groupe sortant tente de transmettre son émerveillement, à chaque instant on sent qu’il  se passe quelque chose de beau et de nécessaire.

Tuesday, visiting the artist’s studio and saying goodbye

Not so early in the morning, with a temperature of – 10 Celsius, it is very valiantly that the french artists, divided in three groups with an English friend as sheperd, start visiting the studio of their fellow artists from Chagford. Marja Lee Kruyt and Hazel Brown, David Wyatt, Terri Windling Gayton and Howard Gayton, with Daniele Barlow and Jim Fortey, Rima Staines, Virginia Lee, Suzy Yorke have opened their beautiful houses and all of us, English or French are impressed and, at first, very shy (all our friends artists are so talented but really modest also). But very quickly, through smiles, talks, laughs, the contacts are growing warm, some projects are in the air, promises also, to visit, to come back…


Il est soudain midi, tout s’accélère, la soupe à la coriandre de Deirdre fait l’unanimité, les baguettes tièdes, le fromage, les valises, les yeux humides à nouveau…  Il est temps de filer à Plymouth, le beau et confortable Pont-Aven (le navire amiral de notre flotte de ferries) nous attend. La mer est un peu plus… vivante qu’à l’aller, mais vaillamment agrippés au bar, un carré de nos matelots résiste. D’autres vont se coucher. Mais je témoigne que je ne suis pas une fois sortie de l’ascenseur sans apercevoir au moins trois ou quatre amis au zinc, ou veillant non pas face à l’immensité salée, mais face au flanc du canot de sauvetage. On se réunit une dernière fois à table pour communier aux crevettes, langoustines et divers saumons des buffets du bord. L’assiette de desserts d’Erlé fait l’admiration de tous.

Juste le temps d’une dernière photo à bord, et bien vite ce sont les au-revoir sur le port toujours bien aéré de Roscoff. Valse de valises et de passagers, pour organiser au mieux les retours. Et l’on s’enfonce dans la nuit bretonne, la tête trop pleine d’images, de sensations, d’émotions.

And suddenly it is noon, time to appreciate the coriander and squash soup of Deirdre, time also to say good-bye, eyes wet once more. We go straight to Plymouth to embark on board the Pont-Aven (the glorious flagship of our company, Brittany Ferries). The sea is quite rough, but our brave boys fight courageously, stuck at the bar. Some decide to sleep, and all the party ends at 7 around the « Ronde des Buffets », with salmon, shrimps, langoustines and other delights.

A last photo, and it is time to say good-bye on the ferryport of Roscoff. Windy, as usually, so we don’t stay too long waving hankies ! And we drive in the breton night, the heads and the heart full of memories, pictures, emotions.


Publicités

Une réflexion sur “Partager nos légendes III

  1. Wouah ! Quelle merveilleuse aventure !
    j’espère que cela se reproduira encore !
    Plein de bisous tendresse à l’équipe !!!
    Annie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s